Qui accéderait au second tour si l’on votait aujourd’hui ?

L’indice de qualification estime la possibilité pour chaque candidat de terminer parmi les deux premiers si le vote avait lieu aujourd’hui. Il décrit le rapport de force du moment, pas le résultat de l’élection en 2027.

Comment est-il calculé ?

Le modèle rassemble les sondages qui testent exactement la même liste de candidats. Leur poids diminue de moitié tous les 45 jours et augmente modérément avec la taille de l’échantillon. Le niveau moyen est estimé avec la méthode robuste de Huber, qui limite l’influence d’un sondage très éloigné des autres sans l’écarter arbitrairement.

Les scores sont traités avec un modèle logistique-normal. Une transformation logarithmique centrée, dite CLR, permet d’étudier ensemble les mouvements des candidats ; la transformation inverse, appelée softmax, ramène ensuite les résultats à des scores positifs dont la somme vaut toujours 100 %. L’incertitude combine la taille des échantillons, la dispersion observée entre sondages et un plancher de 2,5 points pour les erreurs susceptibles de toucher tous les instituts dans le même sens.

À partir de cette photographie, PrésiTracker simule 100 000 premiers tours. Dans chaque simulation, les scores totalisent 100 % et les deux premiers sont qualifiés. Un candidat qui accède au second tour dans 70 % de ces simulations obtient une chance de qualification de 70 % pour cette liste précise.

La fourchette de score se lit séparément. Elle indique la zone où se trouvent les 80 % de scores simulés les plus centraux ; le trait marque le score médian. Ce n’est pas la même chose que l’indice de qualification : deux candidats aux scores proches peuvent avoir des chances de qualification différentes si l’un d’eux est plus incertain.

Pourquoi les indices ne totalisent-ils pas 200 % ?

Les instituts ne testent pas tous la même affiche. PrésiTracker calcule chaque liste séparément, puis fait la moyenne des résultats d’un candidat dans les hypothèses où il apparaît. S’il est absent d’une liste, il n’y reçoit pas un zéro : cette liste ne dit simplement rien de sa qualification.

La synthèse juxtapose donc des situations différentes, qui ne peuvent pas toutes se produire en même temps. C’est pour cela qu’elle parle d’un indice, et que l’addition de toutes les valeurs n’a pas de sens. Chaque hypothèse récente compte de la même manière, car les sondages ne permettent pas de savoir laquelle correspondra à l’affiche définitive.

Ce que cet indice ne dit pas

Le modèle ne prévoit ni les candidatures définitives, ni les alliances, ni les événements de campagne, ni les mouvements futurs de l’opinion. Il ne donne pas non plus les chances de victoire au second tour. Ses réglages restent expérimentaux et une liste rarement sondée produit forcément une estimation plus fragile.

Il faut donc le lire comme une photographie, avec sa marge d’incertitude, et non comme un verdict sur l’élection. Les courbes historiques suivent la même règle : chaque point est calculé seulement avec les sondages connus à cette date, sans utiliser ceux publiés plus tard.