Les intentions de vote d’ensemble ne disent pas qui soutient chaque candidat. Le sondage Ifop pour LCI, réalisé du 27 au 29 octobre 2026 auprès de 1 501 inscrits sur les listes électorales, publie le détail de ses résultats par âge, profession, diplôme, revenu, type de commune et vote passé. Ces tableaux dessinent des électorats très contrastés.
Sauf mention contraire, les chiffres ci-dessous portent sur l’hypothèse où Édouard Philippe représente le bloc central et David Lisnard est le seul candidat de droite. Marine Le Pen y obtient 36 %, Jean-Luc Mélenchon 17,5 %, Édouard Philippe 15 %, Raphaël Glucksmann 11 % et David Lisnard 9 %.
Ce qu’il faut retenir :
- L’âge sépare Mélenchon et Le Pen : 55 % des 18-24 ans choisissent Mélenchon, contre 4 % des 65 ans et plus. Le Pen progresse avec l’âge jusqu’à 44 % chez les 50-64 ans.
- Le diplôme dessine le même clivage : Le Pen atteint 58 % chez les personnes sans diplôme ou titulaires du brevet, et 15 % chez les diplômés des 2e et 3e cycles, où Mélenchon fait son meilleur score (29 %).
- Lisnard est le candidat des plus aisés : 21 % dans la catégorie aisée, 4 % dans la catégorie pauvre.
- Les électeurs LR des européennes 2024 se dispersent : un tiers pour Lisnard, un tiers pour Le Pen, plus d’un quart pour Philippe. Avec Retailleau à la place de Lisnard, le candidat LR n’en retient que 47 %.
| Candidat | H1Philippe, Lisnard, Attal, Retailleau | H2Lisnard, Attal, Retailleau | H3Philippe, Retailleau | H4Philippe, Lisnard |
|---|---|---|---|---|
| Marine Le Pen | 35 % | 36 % | 37 % +1 | 36 % |
| Jean-Luc Mélenchon | 18 % | 17,5 % | 17,5 % +1 | 17,5 % |
| Édouard Philippe | 9,5 % | non testé | 15 % = | 15 % |
| Raphaël Glucksmann | 10 % | 13 % | 11,5 % −2,5 | 11 % |
| David Lisnard | 7 % | 7,5 % | non testé | 9 % |
| Gabriel Attal | 5 % | 9 % | non testé | non testé |
| Bruno Retailleau | 4 % | 5 % | 7 % −0,5 | non testé |
| Éric Zemmour | 4,5 % | 4,5 % | 4 % +0,5 | 4 % |
| Marine Tondelier | 3 % | 3 % | 3,5 % +0,5 | 3 % |
| Fabien Roussel | 2 % | 2 % | 1,5 % −1 | 2 % |
| Nicolas Dupont-Aignan | 1,5 % | 2 % | 2 % +0,5 | 2 % |
| Nathalie Arthaud | 0,5 % | 0,5 % | 1 % +0,5 | 0,5 % |
Chaque colonne est une hypothèse de candidatures ; un tiret signale un candidat absent de la liste testée. En gras, les deux premiers de chaque hypothèse. En petit, l’écart en points avec la vague Ifop du 19 octobre 2026.
Mélenchon chez les jeunes, Le Pen chez les quinquagénaires
C’est le contraste le plus net du sondage. Plus d’un électeur de 18 à 24 ans sur deux (55 %) choisirait Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen (15 %) et Édouard Philippe (14 %) arrivent loin derrière dans cette tranche d’âge.

Le vote Mélenchon décroît ensuite à chaque tranche d’âge : 33 % chez les 25-34 ans, 18 % chez les 35-49 ans, 8 % chez les 50-64 ans et seulement 4 % chez les 65 ans et plus.

Le vote Le Pen suit presque le mouvement inverse. Il passe de 15 % chez les 18-24 ans à 30 % chez les 25-34 ans, 37 % chez les 35-49 ans, puis atteint son maximum chez les 50-64 ans (44 %), avant de redescendre à 38 % chez les 65 ans et plus.

Édouard Philippe a un électorat plus homogène : entre 11 % et 19 % selon les tranches, sans pente claire. Raphaël Glucksmann est stable jusqu’à 50 ans (entre 5 et 8 %), puis progresse nettement chez les 50-64 ans (12 %) et surtout les 65 ans et plus (18 %), deux fois plus que dans les autres tranches.


Chez les 65 ans et plus, Le Pen reste donc en tête (38 %), mais Glucksmann (18 %) et Philippe (16 %) la suivent, tandis que Mélenchon tombe à 4 %, derrière Fabien Roussel (6 %).

Le Pen chez les ouvriers, Mélenchon chez les inactifs non retraités
Par profession, Marine Le Pen obtient 63 % chez les ouvriers et 46 % dans l’ensemble des catégories populaires. Elle descend à 18 % chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Les travailleurs indépendants votent aussi plus souvent pour elle que la moyenne (41 %).

Jean-Luc Mélenchon fait son meilleur score parmi les inactifs autres que les retraités (39 %). Chez les actifs, il se situe entre 13 % (indépendants) et 25 % (employés), sauf chez les ouvriers, où il tombe à 9 %. Il n’obtient que 4 % chez les retraités.

Le diplôme, l’autre grande ligne de partage
Le niveau d’études oppose encore plus nettement les deux premiers candidats. Marine Le Pen fait son meilleur score chez les personnes ayant fait des études courtes : 58 % chez les sans-diplôme et titulaires du certificat d’études ou du brevet, 52 % chez les titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Elle n’obtient que 15 % chez les diplômés des 2e et 3e cycles de l’enseignement supérieur.

Jean-Luc Mélenchon fait son meilleur score auprès des diplômés des 2e et 3e cycles (29 %). Il obtient 24 à 27 % chez les bacheliers et les titulaires d’une licence, mais seulement 4 % chez les titulaires d’un CAP ou d’un BEP comme chez les sans-diplôme.

Lisnard, candidat des plus aisés ?
Le revenu mensuel par personne du foyer distingue surtout David Lisnard. Il obtient 21 % dans la catégorie aisée (plus de 2 940 € par mois), plus du double de son score d’ensemble, mais seulement 5 % dans la catégorie modeste et 4 % dans la catégorie pauvre.

À l’autre extrémité, la catégorie pauvre (moins de 1 080 € par personne) vote d’abord pour Marine Le Pen (47 %), puis pour Jean-Luc Mélenchon (27 %). Aucun autre candidat ne dépasse 6 %.

Mélenchon en tête dans l’agglomération parisienne
Le type de commune modifie jusqu’à l’ordre d’arrivée. Dans l’agglomération parisienne, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 33 %, devant Marine Le Pen (22 %) et Édouard Philippe (18 %). Éric Zemmour y obtient 8 %, deux fois son score national.

Dans les communes urbaines de province, Le Pen retrouve son niveau national (36 %), devant Mélenchon (17 %) et Philippe (16 %). Dans les communes rurales, elle atteint 46 %, tandis que Mélenchon tombe à 8 %, derrière Glucksmann (15 %) et Philippe (10 %).

Les électeurs de Pécresse et Zemmour en 2022 regardent vers Le Pen
Le vote déclaré au premier tour de 2022 montre d’où viennent les électeurs. Les électeurs d’Emmanuel Macron se tournent d’abord vers Édouard Philippe (49 %), puis vers Raphaël Glucksmann (17 %), David Lisnard (15 %) et Marine Le Pen (13 %). Ceux de Jean-Luc Mélenchon lui restent fidèles à 72 %, Glucksmann en attirant 15 %.
À droite, le constat est plus frappant. Parmi les électeurs de Valérie Pécresse en 2022, Marine Le Pen arrive en tête (42 %), devant Philippe (32 %) et Lisnard (21 %).

Les électeurs d’Éric Zemmour en 2022 se partagent presque à égalité entre Zemmour (40 %) et Le Pen (39 %), Lisnard en attirant 17 %. Ceux de Marine Le Pen lui restent fidèles à 94 %.

Européennes 2024 : Le Pen mord sur l’électorat LR
Le vote aux européennes de 2024 confirme cette attraction. Marine Le Pen récupère 33 % des électeurs de la liste LR de François-Xavier Bellamy, en plus de 91 % de ceux de la liste RN de Jordan Bardella. Elle ne capte en revanche que 9 % des électeurs de la liste du bloc central et 3 % de ceux de la liste PS – Place publique.

Raphaël Glucksmann, tête de la liste PS – Place publique en 2024, ne récupère que 60 % de l’électorat de sa propre liste. Mélenchon (10 %) et Philippe (13 %) s’en partagent une partie.

Lisnard ou Retailleau : un électorat LR éclaté dans tous les cas
Lorsque David Lisnard est le seul candidat de droite, l’électorat de la liste LR se divise en trois : 33 % pour Lisnard, 33 % pour Le Pen et 27 % pour Philippe.

L’Ifop teste aussi une hypothèse où Bruno Retailleau est le seul candidat de droite, sans Lisnard. Retailleau y fait mieux que Lisnard auprès des électeurs de la liste LR, mais n’en retient que 47 %. Le reste se reporte sur Philippe (24 %), peut-être par vote utile, ou sur Le Pen (21 %). Au total, Retailleau obtient 7 % dans cette hypothèse, contre 9 % pour Lisnard dans la sienne.

Philippe et Attal face à face : le bloc central divisé
Dans l’hypothèse où Gabriel Attal et Édouard Philippe sont tous deux candidats, avec Bruno Retailleau et David Lisnard, l’électorat de la liste du bloc central (Valérie Hayer en 2024) se divise : 42 % pour Philippe, 23 % pour Attal et 16 % pour Lisnard. Il ne se reporte que très peu sur Raphaël Glucksmann (5 %).

Dans cette configuration, les électeurs de la liste LR se partagent eux aussi entre Retailleau (30 %), Le Pen (22 %), Lisnard (21 %) et Philippe (16 %).
Comment lire ces résultats
L’enquête a été réalisée en ligne par l’Ifop pour LCI du 27 au 29 octobre 2026, auprès de 1 501 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d’un échantillon de 1 650 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Les résultats sont exprimés en pourcentage des suffrages exprimés.
Chaque catégorie ne regroupe qu’une partie des 1 501 répondants : les marges d’erreur y sont nettement plus élevées que sur l’ensemble de l’échantillon, et les écarts de quelques points ne sont pas significatifs. Le vote passé est déclaré par les répondants. Dans les graphiques, « moins de 0,5 % » correspond aux cases marquées « - » par l’Ifop. Les graphiques par candidat ont chacun leur propre échelle ; ceux par catégorie partagent une échelle commune au sein de chaque série.
Source : Ifop pour LCI, « Les intentions de vote à l’élection présidentielle 2027 », octobre 2026 : résultats détaillés des pages 6 à 29.
Pour suivre les évolutions : les fiches de Marine Le Pen, de Jean-Luc Mélenchon, d’Édouard Philippe et de David Lisnard, ainsi que tous les sondages de la présidentielle 2027.